[Interview 1/2] Les Sticky Boys : “on se voit vraiment comme des jeunes chiots fous”

Sticky Boys

Les Sticky Boys, groupe de hard rock parisien était en concert au Mondo Bizarro de Rennes le dimanche 19 mars dernier. Le trio chevelu a sorti son troisième album Calling the Devil du début du mois. Ils eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Le Cri de la Lyonne : Changement de style pour ce troisième album ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Les Sticky Boys : A chaque fois qu’on démarre un nouvel album, on fait comme si on partait de zéro et on se dit : “qu’est-ce qu’on a envie de faire ? qu’est-ce qu’on a envie d’écrire comme chanson?”. Et c’est vrai qu’il y a eu un petit changement dans le sens où, au troisième album, on arrivait à assumer un peu plus de faire de la musique un peu moins drôle, un peu plus sérieuse. Et on avait envie d’expérimenter des choses.

Alors on est parti dans des trucs qui étaient un peu plus violents, un peu plus doux et tendres, comme des ballades. On aime bien l’aventure en fait. On a toujours fait ça. Au début, le premier album, c’était déjà l’aventure… Rien que le fait de faire un album, c’était l’aventure ! Donc on n’avait pas besoin d’expérimenter des trucs. Le deuxième album, on a rajouté un peu de punk, on a changé un petit peu. Là, on continue d’expérimenter des trucs. On se voit toujours comme un jeune groupe en fait. On est des gamins, on joue avec nos instruments.

Ca fait déjà pas mal de temps qu’on joue, ça fait 8 ans maintenant et on se voit vraiment comme des jeunes chiots fous. On est des débutants , on a envie de débuter dans tout, d’expérimenter tout ce qu’on peut et de s’amuser en fait.

J’ai même remarqué un style irlandais sur certaines chansons de l’album comme “She won’t let me in”, ou encore “Drifting Away”.

Oui, il y en a eu un petit peu. Mais en même temps, ça fait partie des choses qu’on a écoutées quand on était gosse et qu’on écoute encore. On avait tellement de choses à dire sur le hardrock sur le premier album, tellement de choses à dire en punk dans le deuxième album, qu’on n’a pas eu l’occasion de placer tout ce qui nous tenait à cœur. On a été bercé autant à Iron Maiden et AC/DC qu’aux Pogues et là, plus récemment aux Dropkick Murphys et compagnie. Donc c’est normal qu’à un moment donné ça ressorte. Mais à aucun moment, on ne s’est dit : “tiens, et si on faisait une chanson comme eux“. On fait juste ce qui sort. Et naturellement, ces gens-là, ces influences qu’on a, elles ressortent forcément.

Comment se passe la composition des morceaux ?

C’est de plus en plus organisé maintenant. C’est le troisième album, on commence à se connaître dans la composition. On sait qu’on fait une musique qui est à guitare. Du rock d’une manière générale. Donc Alex qui joue de la guitare et qui chante, va arriver avec l’essentiel des riffs. Il a un brouillon de chansons avec des riffs couplets, riffs intro, riffs refrains, etc. Moi de mon côté, complètement à côté de ça, j’écris les paroles. J’écris du texte, au kilomètre. J’écris tout ce qui me vient, tout ce qui me passe par la tête. J’en jette 80 % parce que c’est de la merde. Mais je ne garde que les 20 % qui me plaisent un peu. Et on finit par mettre tout ça ensemble. Donc y’a les textes, les riffs de guitare et toute la construction basse, batterie, guitare, chant qu’on fait ensemble tous les trois. On essaye de voir ce qui peut marcher, comment ça s’enchaîne.

Où s’est passé l’enregistrement du dernier album ?

Pour notre troisième album, c’est toujours la même formule, chez Francis Caste, Studios Saint Marte, à Paris. C’est un type vraiment génial parce qu’il est tout seul. Il a son studio à lui et il fait un boulot incroyable. Il produit près de la moitié de la scène rock metal en France ! Et nous, on est arrivé avec notre premier album , on savait rien de rien. On ne savait pas comment ça allait se passer et il nous a accueillis, il nous a mis en confiance. Il nous a éclairé, il nous a montré comment ça marche de faire un album. On a appris avec lui. Il a pas fallu une semaine pour que ce soit un copain en plus d’être un accompagnateur de groupe. Donc on a fait le premier album chez lui. C’était une évidence de revenir pour le deuxième. Sur celui-là, on était un peu plus à l’aise, on savait un peu plus ce qu’on voulait et il a su avoir un autre rôle. Il n’était plus un accompagnateur, il a plutôt suivi ce qu’on voulait et il a réalisé exactement ce dont on avait envie. C’était même au-delà de ce qu’on imaginait.

Donc évidemment pour le troisième album, rebelote, toujours avec le même guguss ! Et ça s’est passé formidablement bien passé. On a pris pas mal de temps et on a pu se poser pour améliorer les chansons. On avait déjà tout qui était prêt, mais on a pu améliorer les choses, créer des arrangements en plus.

L’expérience a joué là.

Il y a deux ans, vous avez joué en concert à Lille devant des familles et des enfants. Parlez-nous de cette expérience.

On est très friand de ce genre de plan. Et on se fait des copains qui sont un peu dans cet univers là. C’est-à-dire qu’on aime bien mettre le rock à toutes les sauces. On n’aime pas trop les chapelles, les gens qui limitent le rock à son petit environnement de blousons en cuir et de vestes à patch ; même si évidemment tout le monde est légitime à écouter du rock ! Mais ce n’est pas nécessaire de le borner à un petit style. Du coup, on se fait des copains qui sont comme ça. En l’occurrence, les gens qui s’occupent de l’Aeronef de Lille, organisent des espèces de dimanches familiaux où il y a un groupe de rock qui vient et qui joue à volume (réduit évidemment pour les enfants) et qui anime un peu l’histoire. Pour nous, c’était complètement naturel d’être la-dedans. C’est une évidence. Montrer que le rock c’est pas un truc sectaire. C’est un truc qui doit amuser tout le monde. On est là pour s’amuser et pour que les gens s’amusent. Et on a pris un plaisir monstre à jouer devant un public de 1.000 personnes, dont la moitié c’était des moins de 13 ans. C’est fou.

Moi j’étais à la batterie et à 2 mètres de mes cymbales, y’avaient des petites gamines qui étaient là et parfois elles se bouchaient les oreilles dès que ça tapait un peu trop fort. Et j’étais là : “Ma petite choupette, je te jure que j’essaie de faire le moins de bruit possible !” Mais c’était super drôle, super mignon. Après le concert, on a eu la tournée de bisous !

Y’a eu un échange avec le public après ?

Oui, ils sont venus discuter. Certains nous disaient qu’ils font un peu de musique, des instruments. Ils viennent discuter et ils sont contents. Après ils sont forcément un peu timides. Et puis, nous, on n’arrive pas toujours à créer le lien. Mais c’est super touchant. J’aime bien. A Lille, il y a plusieurs salles qui font ça.

Quels sont les projets pour la suite ?

Pour l’instant, on profite de la tournée. Survivre à la tournée ! Parce que c’est extrêmement fatigant surtout quand, dès que tu rentres, tu retournes au boulot dès le matin à 8 h. C’est assez éprouvant. Donc pour le moment, on est focalisé sur la tournée. Après, on devrait tenter de réaliser un clip autour du troisième album. On a eu des collaborations supers pour les clips, des trucs vraiment réussis. Ça représente des moyens auxquels on n’aurait jamais pu prétendre.

Et parce que les Sticky Boys sont des grands bavards…. La suite de l’interview est à découvrir ici :

Les Sticky Boys : “le métal, c’est notre famille

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